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Les hommes préhistoriques ont laissé de nombreux témoignages dans la région de Bône : silex taillés ou polis, menhirs, cromlechs, dolmens, que ce soit à Roknia pour le plus connu ou bien encore à Guelma, Le Tarf ou Chapuis.
Des inscriptions rupestres près de Lamy et Guelma, des inscriptions libyques dans la vallée de la Cheffia attestent de l'ancienneté de la présence humaine près de nous.
Mais c'est incontestablement Hippone, l'Hippo Regius Colonia des Romains qui a eu les honneurs de l'Histoire.
Sans vouloir remonter au troisième millénaire avant notre ère, avec les Egeo-Crétois, le comptoir d'Hippone fut fondé par les Phéniciens au XIIe siècle avant J.C. soit quatre siècles avant Carthage.
Le site, avec ses deux îles (les collines de St Augustin), le mouillage sûr du confluent de la Seybouse (l'Ubus) et de la Boudjimah (Armua) ont séduit ces commerçants qu'étaient les Phéniciens.
Le nom même d'Hippone a suscité bien des hypothèses. Des historiens algériens contemporains pensent et cela est très plausible que ce nom vient d'un triple vocable phénicien Hi (buf), Bou (abondance), Na (marché).
La ville se trouva mêlée, avec plus ou moins de bonheur, aux trois guerres puniques menées par Rome contre Carthage.
Rome finalement vainqueur annexe le territoire carthaginois et Micipsa roi de Numidie fait d'Hippone sa deuxième capitale avec Cirta en 146 avant J.C.
Les royaumes de Numidie inquiètent Rome qui, après une guerre de 7 ans (- 113 à 106) bat Jugurtha.
C'est sous la domination romaine qu'Hippone s'épanouit et les ruines mises au jour l'attestent.
Hippone se trouva mêlée à la lutte pour le pouvoir entre Pompée et César, au développement du christianisme avec ses schismes et, surtout, peut s'enorgueillir d'avoir eu pour évêque Saint Augustin.
Les Vandales occupèrent Hippone en 431, un an après la mort de Saint Augustin.
Les invasions arabes successives modèlent l'histoire d'Hippone.
Après une occupation éphémère en 666 au cours de laquelle la ville fut saccagée et pillée, la deuxième expédition de Hassen ben Naamane reprend la ville aux Byzantins vers 700.
C'est probablement à partir de cette époque qu'Hippone devient Bouna.
Mal entretenue, la ville se dégrade, les crues de la Seybouse et de la Boudjimah qui ont comblé une partie de la baie de leurs alluvions deviennent dévastatrices.
Les moustiques prolifèrent, amenant avec eux le paludisme, et vers 905, Mohamed Zaoui décide de construire une nouvelle ville sur la colline d'Akbet el Aneb, à l'abri des inondations et plus à même d'être défendue efficacement.
Pour différencier les deux villes, Hippone est alors appelée Medinat Seybouse et la nouvelle ville Medinat Zaoui.
Peu à peu, l'appellation de Bled el Aneb remplace Medinat Zaoui et enfin à partir du XIVe siècle, apparaît le nom d'Annaba.
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